Après cette longue absence, après ces petits articles humoristiques, passons aux choses sérieuse...
En effet, je dois vous parler de ma révélation du voyage sur le commerce équitable. L'histoire commence au Canada, au café de la Faculté de Médecine, où avec deux amis, nous parlons d'aller enquêter, caméra à la main sur les effets du commerce équitable. L'idée s'est peu à peu métamorphosé depuis, mais il n'en reste pas moins que nous allons tenter de présenter notre expérience sous forme de présentation dans les écoles.
Or, nous nous sommes présentés ici avec la ferme conviction que le commerce équitable changeait la vie des gens du Sud, que c'était une forme de commerce révolutionnaire... et bien, pas vraiment??? D'ailleurs, à Santa Anita, où la coop est certifiée équitable, certains des agriculteurs des agriculteurs décident de vendre leur café sur le marché local en ne passant pas par la voie équitable. En effet, le commerce équitable, lorsqu'il fut implanté au Guatemala, entra en compétition avec le commerce local, ce qui fit augmenter les prix du produit. Ce qui est une bonne chose finalement.

Mais est-ce que je veux en venir... Je veux simplement dire que l'avantage financier est très loin d'être extraordinnaire pour les gens ici compte tenu du coût exorbitant des certifications (2000 euros pour fairtrade et 1200 USD pour biologique). Donc, la question qui tue... POURQUOI???

D'après ce que j'ai pu remarquer de ce qui se passe ici, ce qui avantage le plus les coops équitables, c'est l'ouverture sur le marché international. En effet, pour reprendre les paroles de Rigoberto, "Nous développons une relation commerciale avec les clients des États-Unis comme si le café n'était qu'un prétexte pour le rapprochement de nos peuples." Et oui, le café n'est qu'un prétexte...
Et ce prétexte ouvre la voie aux rencontres. Café Rico, boutique qui vend du café de la coop de Santa Anita, voudra aller à la rencontre de celui qui produit son café car il fait affaire directement avec lui. Ce qui aura pour effet de valoriser le travail du producteur, lorsqu'on sait que la culture est excessivement difficile, seulement 10% du poids de la matière de base est utilisable.

Au surplus, une relation forte et non seulement basée sur les profits peut protéger contre les aléas de la vie. Je m'explique avec un exemple... Il y deux ans, l'ouragan Stan a causé des dommages considérables aux fermes de café. En effet, en octobre 2005 (période de récolte du café), la tempète a causé des plus torrentielles qui détruirent 70% de la prodution du café de la communauté de Santa Anita. Cette année, il ont atteint un niveau de production de 50% et cela va en augmentant. Cependant, comme les entrées d'argent sont plus faibles, il est fort probable que la coop perde sa certification équitable pour une raison financière (vraiment ridicule). Ils ont donc communiqué avec Corporate Coffee (importateur de café au USA) pour lui demander ce qui allait se passer. Alors...
Si on ne considère que la question monétaire, ils n'ont pas avantage à continuer d'acheter leur café. Cependant, considérant que les deux ont développer une relation basé sur la réciprocité, on ne peut penser comme ça. Corporate Coffee a confirmé à Santa Anita qu'il allait continuer d'acheter son café peu importe ce qui se passe avec FLO (organisme qui certifie les coops équitable).
De là l'importance de ne pas seulement considérer l'importance des profits et humaniser les relations commerciales...