vendredi 13 juillet 2007

Y'a pire que nous...

Vous vous rappelez Rigoberto, l'expert en commerce équitable dont je vous ai parlé. Et bien, hier Genevieve et moi se sommes rendu compte qu'il était aussi électricien, astronome et... surtout ex-guérilleros. En effet, la guérilla lui a couté un index.

Cela ne l'a pas empeché de se recycler dans le commerce équitable et de nous accorder une entrevue d'environ 20 minutes que nous avons enregistré sur vidéo, que nous allons bien sur monter et présenter au Canada. Nous lui avons posé des questions sur les avantages qu'offrent le commerce équitable ainsi les embuches que peuvent rencontrer les coopératives qui y adherent.

Tout s'est tres bien passé, il répondit avec générosité et entousiasme. Cependant, c'est une fois la caméra éteinte que les confidences commencerent. Nous divagames sur la question des droits de la personne bafoués durant la guerre civile au Guatemala entre les années 60 et 80.

Il nous raconta ensuite l'histoire de sa communauté : Mediomonte. Pour résumé les faits, c'était une communauté de fermiers majoritairement mayas. Comme la politique du gouvernement était ouvertement raciste, un jour, l'armée arriva au village et rasa tout. Les quelques survivants du massacre s'éparpillerent dans tout le Guatemala. Rigoberto fit la guérilla afin de libérer le pays du joug de l'oppresseur. L'histoire que cet homme nous raconta est une chance unique que nous avons eu car la guerre est LE sujet tabou au Guatemala.

Ou est-ce que je veux en venir avec cette histoire. Et bien, je me suis demandé avant de me coucher comment un homme comme Rigoberto peut s'accrocher a la vie et rayonner dans la communauté ou il vie comme cela. J'en suis arrivé a deux conclusions.

La premiere est qu'il y a toujours pire que nous. En effet, etre en vie par rapport a etre mort présente un net avantage et on peut considérer cela comme une chance, un signe du destin pour continuer et surtout ne pas stagner et tenter coute que coute a améliorer son sort.

La deuxieme est que tout dépend de l'attitude avec laquelle on vie les événements qui forment notre vie. Je crois que tant que nous sommes en vie, il est possible de voir quelque chose de positif et que cette attitude est primordiale pour atteindre un état de bonheur.

C'est bizarre, mais je trouve que je suis un peu mal placé pour parler de difficulté dans la vie, car le bonheur ne m'a jamais tourné le dos, certainement pas durant la derniere année. Mais qui sait peut-etre est-ce cette attitude de voir le verre a moitié plein qui m'offre cela.

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